Anne Chériez : le blog

L’art anti-mouton

16 mai 2009

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Pourquoi vouloir à tout prix approfondir ou découvrir la culture artistique? Déjà parce qu’elle permet une approche plus ouverte, une disponibilité plus grande vis à vis de l’extérieur en général. Et c’est quand même pas mal..

En développant notre regard par exemple, c’est notre rapport à l’image qui est en jeu, et plus encore, c’est notre rapport au monde visuel dans sa globalité qui est en question.
Il n’est plus possible de voir de la même façon une barque sur l’eau avant et après avoir découvert les peintures de Peter Doig.  Pareillement, si nous passons près d’un chantier public, les engins de chantier de Wim Delvoye viendront nourrir et élargir la perception de ce qui est devant nous. D’une autre façon encore, peut-on considérer un corps de la même manière si l’on a vu ou non les chairs peintes par Rubens.?

C’est toute une culture du regard peu à peu acquise qui permet de Voir véritablement. Une façade d’immeuble peut être aussi féconde et riche qu’un arbre centenaire ou qu’un chiffon rouge oublié sur une table.

C’est cette liberté ainsi produite, cette poésie qui me semblent être le but de l’art. Car ce qui est en jeu ici, c’est une autonomie face au monde, face à notre façon de l’évaluer, de le juger, de le trouver beau ou laid, juste ou non. Il est ainsi possible de s’y positionner.

La vis et la lune

16 mai 2009

vis-et-la-lunePourrait-on regarder une vis comme nous regardons la lune ?
Quels rapports y a t il entre l’ objet ( Chose concrète et perceptible qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale ) et la Matière ( Substance étendue, divisible, pesante qui compose tout corps ayant une réalité tangible )?

Chaque objet se présente sous une forme particulière, il a des contours, une couleur, un aspect particulier. Si l’on regarde de plus près ce qui le compose, si l’on aiguise notre façon de le percevoir, peut-on réellement le mettre à part de ce qui compose les particules à la base de chaque création vivante?

La vis et la salamandre par exemple ont tous deux été conçus, par des forces et une conscience différentes certes, néanmoins ce passage par la «fabrication» nous invite à « penser » chacun d’eux comme un maillon plus ou moins lointain d’une même chaîne.

Que pourrait lier, confondre le simple objet avec ce qui nous est la plupart du temps invisible, un monde cellulaire, le monde de l’ infiniment petit ou de l’ infiniment lointain?

Cette mise en relation de deux entités n’ayant en apparence rien de commun, cette analogie graphique sert de tremplin pour s’interroger sur notre rapport aux objets quotidiens, au solide, et les mettre dans un temps, un usage, une fonction qui dépasse le simple sens pratique.

Développons notre regard poétique.